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RPs

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MessageSujet: RPs Ven 19 Mar - 23:16


« Tu peux me reprocher tous ce que tu veux… Je veux seulement que tu me pardonnes… Que je puisse simplement te retrouver. » Aleyna avait fourré ses mains dans ses poches, les yeux ne sachant même plus où se poser. Comme elle, ils étaient perdus et ne semblaient ne pas reconnaitre cette plage qu’elle fréquente, pourtant, depuis qu’elle est toute petite. Ses chaussures s’enfonçaient toujours plus dans le sable au fur et à mesure qu’elle s’avançait, d’un pas plutôt rapide mais en même temps incertain. Entendre Jason la fit presque revenir à la réalité. Il avait réussi à la rattraper Dieu-seul-sait-comment et marcher derrière elle. Et pourtant, sa phrase avait l’impression d’être lointaine, aux oreilles de la jeune fille. Lointaine mais qui avait de multiples répercussions dans ses tympans puis dans son cerveau. Exactement comme si elle tentait de comprendre ce qu’il venait de lui dire. Ses lèvres se plissèrent avant qu’elle ne se stoppe face à la compréhension soudaine de ce qu’il venait de lui dire. Elle venait de se réveiller sans jamais avoir dormi, pourtant. Que l’être humain était bien fait. La jolie brune fronça brièvement des sourcils, toujours en regardant devant elle, où se prolongeait juste un étendu de sable et de mer ainsi que des bordures de falaise. Que je puisse simplement te retrouver il venait de dire. Aleyna se mordilla la lèvre inférieure. Et si c’était elle, le problème ? Bien sûr, depuis un an, déjà, leur amitié se retrouve sur le fil du rasoir sans vraiment savoir pourquoi. Enfin, si. Les excuses données étaient leurs changements obtempérés. L’un pointait du doigt une certaine fréquentation qu’il jugeait de ne pas être apte pour elle tandis que l’autre soulignait l’étrangeté de la disparition de la maladie ainsi que le nouveau comportement qu’il pouvait avoir. Mais si c’était plus profond que cela ? La jeune Hydra sentait que, depuis quelques semaines, elle n’était pas au mieux de sa forme. Elle se sentait nauséeuse, avait des sauts d’humeur incroyables, susceptible pour un rien et fatiguée comme jamais. Non, elle n’était pas enceinte. Il ne manquerait plus que ça. Qu’elle tombe enceinte. A 19 ans, ça serait bien le comble. Mais Aleyna aurait préféré se savoir enceinte que de ne pas savoir du tout ce qu’elle avait. Elle n’avait pas envie d’aller voir le médecin ; elle n’était pas malade. Et puis, même une maladie est éradiquée plus rapidement naturellement. Elle avait l’impression d’avoir un poids sur les épaules. Poids qui s’accentuait en la présence de Jason mais qui semblait disparaitre aux côtés d’Aenëas. C’était sûrement pour cela, aussi, qu’elle aimait autant trainer avec lui. C’étaient les seuls moments où elle se sentait légère et presque apaisé. Avec Jason, c’était tout l’inverse. C’était lui qui devait subir ses sauts d’humeur, ses changements de comportement et tout ce qui s’en suit. Alors évidemment qu’il ne pouvait pas comprendre. Comment pouvait-il la comprendre alors qu’elle-même n’arrivait pas à le faire ? Que je puisse simplement te retrouver. La perdait-il ? Se perdait-elle elle-même ? Elle nageait en plein néant. Elle ne savait plus quoi faire ni quoi penser et encore moins quoi dire. Déboussolée, elle rejetait alors la faute sur son père et son frère. Elle avait souvent été victime de mille et une mis en garde. Et, en plus, elle a déjà entendu certaines de leur conversation qui ne la rassurait pas vraiment. Patmos n’était plus l’île qu’elle ne connaissait, et les habitants changeaient en même temps que l’île. Elle serait donc en train de changer, elle aussi ? Elle serait en train de changer mais elle ne le verrait pas. Comment une telle chose serait possible ? Comment elle aurait pu remarquer que quelque chose changeait chez Jason mais pas chez elle, dans sa propre tête, dans sa propre enveloppe corporelle ? A bien y songer, elle n’était pas la seule dans ce cas-là. Son meilleur ami ne semblait pas encore trop croire qu’il était différent. Seulement, il le savait. Contrairement à elle. Le jeune homme avait bien conscience qu’il avait changé. Mais il n’arrivait juste pas à le croire. Elle, elle ne voulait ni le croire ni le comprendre. Elle ne s’était d’ailleurs pas réellement posée la question. Oui, elle se sentait mal depuis quelques semaines. Mais elle ne pensait pas que ce mal être pouvait avoir une répercussion sur son caractère et son comportement. Mais visiblement si. La preuve, elle venait de blesser son meilleur ami. Elle venait de lui balancer des mots assassins, des mots qu’il ne méritait pas. Jason était trop bon pour recevoir ces mots-là. Aleyna était mieux placée que quiconque pour savoir ce qu’il avait vécu auparavant. Les adolescents n’avaient jamais été très tendres avec eux, surtout avec Jason qui était leur bouc-émissaire favori. Elle n’arrivait donc pas à comprendre qu’il se met donc à parler avec ces personnes qui lui ont littéralement pourri son adolescence. « Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » lui répondait-il sagement, à l’époque, alors qu’elle venait à sa rencontre pour aborder le sujet. Il se laissait quasiment toujours faire et certainement qu’ils auraient fait pire si Ley n’avait pas été dans les parages. La jeune Hydra avait peut-être un an de moins que son meilleur ami mais elle pouvait se montrer bien plus mûre que lui. Ou peut-être pas, au final. Attaquer les attaqueurs n’était jamais une bonne idée. Et Jason avait tenté de le lui faire comprendre plusieurs fois. Mais rien à faire. Cependant, là, c’était elle qui venait de le blesser. Il s’en fichait sûrement de ce que les autres pouvaient penser ou dire de lui. Mais venant de sa part à elle. Sa meilleure amie. Celle qui a toujours été là depuis le bac à sable. La jolie brune baissait la tête d’un air coupable. Répercussions de ses paroles, Jason lui faisait subitement de la peine. Elle se retourna lentement pour lui faire face, alors qu’une vague se jetait sur le rivage à quelques pas d’eux, provoquant une nouvelle bourrasque de vent qui faisait doucement virevolter ses cheveux. Le jeune homme lui paraissait grand, tout d’un coup. Physiquement parlant, Aleyna était frappée par la grandeur de son ami. Comme si c’était la première fois qu’elle le voyait. Ses dents se serraient entre eux et une moue désolée frappa le visage de la demoiselle, qui finit par combler la distance qu’il y avait entre eux deux pour se jeter dans ses bras, les siens le retenant fermement autour du coup et son minois niché sur l’épaule et le haut du torse du jeune homme. « Excuses-moi, Jay. Je veux pas que tu sois mort. Je… Je te veux encore pour moi. Pardon pardon pardon… » Certainement qu’il ne s’était pas attendu à une telle réaction. Et pourtant, il ne semblait pas vouloir s’en défaire, à en juger par le resserrement qu’il créait. Aleyna chuchotait des pardons à répétition, les yeux clos, se laissant bercer par le bruit de la mer et l’odeur rassurante de son meilleur ami.


Dernière édition par Admin le Dim 4 Avr - 22:02, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: RPs Dim 21 Mar - 0:07



desire is the beginning of attraction
feat aenëas and aleyna



Les relations foireuses avaient toujours été de mise pour Aleyna. Elle jugeait que cette chance inouïe de ne jamais réussir à tenir de relations au-delà d’un mois, son record, ne pouvait provenir que de sa magnifique petite étoile, qui devait se manifester qu’une fois toutes les trente-six du mois. Oui, la jolie brunette possédait cet esprit un peu rêveur qui lui permettait de ne pas trop se remettre en cause et de trouver des réponses faciles – surtout à dire. Après tout, elle ne supportait guère raconter sa vie alors elle avait choisi de trouver une voie plus simple pour s’expliquer. A supposer qu’elle vienne à le faire à jour. Après tout, elle jugeait qu’elle n’avait de compte à rendre à personne, mis à part son père et parfois son frère. Mais pour avoir plaquée ses études après son diplôme – de toute façon, l’école n’avait jamais été son truc et elle n’était pas pressée d’entrer dans le monde des adultes, comme on dit – pour s’occuper des tâches que pouvait effectuer sa mère dans le passé, elle se jugeait assez mature et responsable pour faire ce qu’elle voulait. Jusqu’à n’en faire qu’à sa tête. Maladroite, elle l’était. Irréfutablement, elle l’était. Le geste de trop arrivait très vite, avec elle, au point de lui avoir déjà créé de nombreux problèmes. Mais Ley s’en foutait. Elle n’avait pas plus peur de trainer à minuit le soir dans les rues du quartier ou aux abords de la forêt que d’aller s’en allumer une juste devant le bureau des officiers. Les tracas du quotidien, elle en avait eut et elle considérait qu’elle s’en était pas trop mal sortie jusqu’à maintenant. Pourvu que ça continue, c’était tout ce qu’elle demandait, de toute façon. La jeune Hydra jeta son roulé dans la première poubelle qui se trouvait à sa portée alors que son dos se décollait du mur où elle patientait depuis dix bonnes minutes. Pour une fois, elle avait été sacrément en avance. Ses pieds s’avancèrent un peu plus vers le bord du trottoir alors que la voiture s’arrêtait devant elle et la fenêtre glissa pour laisser apparaitre le visage souriant d’Aenëas. La jeune fille se baissa et croisa ses bras sur le rebord.


« Grimpes, j’te kidnappe pour la soirée. »
« Quoi ? Et tu comptes m’emmener où ? »
« Arrête de poser des questions et ramène tes fesses dans cette voiture. Plus vite on sera arrivé, plus vite tu sauras. »


Intriguée, Aleyna s’exécuta sans un mot de trop ni même une nouvelle question. Voilà un an environ qu’elle connaissait le jeune conducteur et elle avait apprit qu’il était un peu du genre comme elle, à esquiver les questions et la conversation en générale. Elle savait donc qu’il était inutile de chercher à en savoir plus, Aenëas ne décrocherait pas un mot, ni même un indice, sur la destination finale. Qu’à cela ne tienne. La demoiselle savait qu’il n’allait pas l’emmener dans un lieu lugubre où il y aurait une bande de paumés, d’abrutis ou quoique ce soit où le fait qu’elle fut la seule présence féminine leur monte rapidement au cerveau. Ce n’était pas le genre du jeune homme. Tout du moins, l’espérait-elle. Après tout, la personne qu’elle pensait le mieux connaitre du monde se retrouve être parfois quelqu’un qu’elle ne reconnaissait absolument pas. Alors, maintenant, son flair lui disait d’être un peu plus prudente dans ses convictions et ses croyances, ne serait-ce que pour se préserver d’un certain moral. Être déçue n’était jamais une condition positive pour garder le moral au beau fixe. Alors même si le bonheur et l’optimisme n’étaient pas de grandes qualités à l’esprit de la demoiselle et qu’elle ne recherchait pas vraiment cet effet, Ley apprend cependant à y aller sur des œufs et prendre son temps. On appelle ça de la méfiance, parait-il. Et bien, Aleyna fait en sorte que son taux de méfiance s’agrandit un peu plus chaque jour. Elle sait qu’elle ne finira pas paranoïaque sous antidépresseurs mais quand même. Être méfiante juste assez pour que son frère arrête de lui rabâcher les oreilles des règles fondamentales quand elle sort dans la rue. Il lui avait prit la tête pas plus tôt qu’il y a un quart d’heure, ne voyait guère d’un bon œil que sa cadette sorte à cette heure-ci. Un petit « Tu n’es pas maman alors mêles toi de ce qui te regardes ! » ainsi qu’une porte claquée plus tard, la demoiselle n’avait pas hésité plus longtemps pour rechercher son matériel qu’elle rangeait dans des poches faites maison à l’intérieur de sa veste. Il était rare qu’elle se mette à fumer un joint mais cela pouvait lui arriver. Quand ses nerfs étaient sur le point de se défaire, elle s’en roulait une pour éviter de péter ses phalanges contre un arbre ou une fenêtre. De toute manière, que ce soit d’une façon ou d’une autre, aucune n’était forcément la meilleure. Et elle était conscience qu’elle agissait bêtement et stupidement. Mais ça encore, elle s’en fichait. Elle allait avoir vingt ans, elle n’avait pas encore envie de se poser trop de questions. Enfin, ça, c’est ce qu’elle montre. Mais c’est comme ce silencieux trajet qui se déroulait. La voiture sillonnait encore les routes avec une habilité folle, au point qu’Aleyna détourna les yeux vers le paysage. Elle avait beau avoir confiance quant à la conduite d’Aenëas, la mort accidentelle de sa mère n’était toujours pas dirigée et la frousse d’avoir la même malchance persistait à chaque fois qu’elle montait dans une voiture. Ce n’était pas faute de sa part que de vouloir chasser cette peur. Mais elle a abandonné pitoyablement quand elle a remarqué que ça ne servait pas à grand-chose. Tant pis, elle pouvait toujours compter sur le changement d’idées que pouvait lui fournir le jeune homme. Cependant, ça n’avait pas l’air d’être le cas, ce soir. Aussi muet qu’elle, il semblait passablement concentrer sur le trajet de la destination où il voulait l’emmener. Après s’être arrêtée quelques secondes sur son profil, Ley détourna le regard vers la vitre, où elle y posa sa tête de façon nonchalante. Ce qui était bien avec Aenëas, c’était certainement le fait que chaque silence n’était jamais désagréable. Non, au contraire, c’était souvent porteur de signes et terriblement lourd de sens. Enfin, ce genre de silence, la demoiselle s’en passerait volontiers. Elle se sentait très mal à l’aise et refoulait à chaque fois les avances et, peut-être, les attentes inespérées de son interlocuteur. Ce n’était pas que le jeune homme ne lui était pas attirant, bien au contraire, mais juste qu’elle ignorait comment réagir dans ce genre de situation. Bien sûr, Erasme ou Alkestis avaient bien essayé de la caser et de l’enseigner mais rien n’y faisait. A croire que le décès brutal de sa mère avait eut, une nouvelle fois, raison d’elle. Le trajet se fit donc en silence, la jolie brune n’ayant pas décidé de décrocher son regard du paysage qui défilait devant elle, au risque de créer un effet d’hypnose et de s’endormir. A la pensée de son lit, Aleyna se frotta un œil avant de se redresser sur son siège pour éviter de laisser bercer, malgré elle, par le ronronnement de la voiture. « Vous êtes arrivée à bon port, mademoiselle. » La jeune Hydra tourna la tête vers Aenëas avant de s’extraire de la voiture tout se reculant par la suite pour qu’il puisse fermer la portière. Elle regarda par-dessus son épaule ce qui l’attendait et elle eut un sourire amusé tout en refilant une de ses mèches derrière son oreille. « Le parc d’attraction ? T’as un faible pour les retours en enfance, Aen ? » Dit-elle d’un ton léger, tout en s’avançant. Le parc avec la chance d’être moins bondé que d’habitude. Après tout, il était presque dix-neuf heures, il n’y avait que les familles de tourisme qui restaient tard, jusqu’à la fermeture. La jolie brunette glissa ses mains dans les poches de sa veste alors que le jeune homme suivait son mouvement en marchant à ses côtés. « A moins que ce soit pour prouver ton expérience incroyable à la pêche aux canards. J'te vois bien t'entrainer à la pêche aux canards. » Finit-elle, réflexion à bout de lèvres, avant de hausser les épaules tout en laissant apparaitre un sourire rieur.

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MessageSujet: Re: RPs Dim 28 Mar - 23:19


Son père lui avait déjà suggéré de postuler au parc d’attraction pour avoir un travail. En bientôt un an, il ne cesse de répéter à sa fille que ça serait une bonne manière pour elle de ne pas devenir feignante et ne plus savoir rien faire de sa vie. Ce qui faisait bien rire la concernée ; si elle n’était pas là, la maison serait une véritable porcherie. C’est simple, depuis la mort de sa mère, c’était elle qui faisait toutes les tâches ménagères. Son père et son frère étaient soit occupés à travailler soit à se prélasser sur le canapé, devant la télévision. Cependant, Aleyna refusait de penser qu’ils pouvaient la voir comme la boniche de service. Et c’était pour cela qu’elle sortait dès qu’elle le pouvait. Rester cloitrer une matinée entière était bien suffisant. Et même si elle n’avait franchement pas l’envie d’être entourée, elle aimait tout de même bien s’isoler quelque part sur l’île et ne revenir que la nuit tombée, pour préparer le souper. Au moins, le rôle qu’elle tenait depuis maintenant cinq ans avait eut l’effet de la transformer en un véritable cordon bleu. Ses compétences culinaires ne cessaient d’augmenter, et elle s’amusait même à faire ses propres mélanges et dégustations. Au moins, la cuisine n’était pas forcément une tâche. Et puis, quand on avait la journée devant nous, on avait bien le temps d’essayer plein de choses. Mais la jolie brune avait décrété être en année sabbatique. Elle ignorait combien de temps cela pourrait durer, un an, deux ou cinq. Le système scolaire n’était pas pour elle et elle ne voulait pas y retourner. Pas pour l’instant. Tout comme elle ne postulera nulle part ailleurs. C’était un choix qu’elle avait fait et qu’elle ne regrettait absolument pas. Elle avait l’impression d’être à la place de sa mère et de faire sa fierté, de là où elle la regardait. Comme si le flambeau avait été automatiquement échangé entre les deux femmes de la famille. Oui, sa mère lui manquait cruellement. Elle qui avait qui été si proche de sa génitrice, apprendre une nouvelle pareille lui avait déchiré le cœur. Et cela avait été certainement la première et dernière fois que ça lui arrivait. Jamais elle n’avait connu une douleur similaire à celle-ci. Alors, elle avait passé des jours durant à se rendre, tous les jours après les cours, au cimetière, presque étalée sur la tombe, en pleurs. Si Jason ne l’avait pas accompagné à chaque fois et l’obliger à rentrer chez elle au bout d’une demi-heure, pour sûr qu’elle y aurait trouvé son lit. Ce fut une véritable souffrance, souffrance qui était toujours nichée quelque part dans sa tête. Et Ley était terriblement consciente qu’elle ne partira jamais. Cependant, rares sont ceux qui le savent. Hormis sa famille, Jason est certainement celui qui le sait le mieux. En ce qui concerne Aenëas, il a pu déjà en avoir un bref aperçu mais elle n’était pas du genre à trainasser beaucoup sur le sujet. Le jeune homme avait au moins le bénéfice de lui faire oublier un minimum ses soucis. Elle ne voulait donc pas lui alourdir l’esprit avec une histoire d’il y a cinq ans. Déjà parce que ce n’était pas la première fois que ce genre d’accidents arrivait, malheureusement. Mais aussi parce qu’il n’en avait peut-être rien à faire. A vrai dire, à tout bien y repenser, ils ne se connaissaient pas tellement. Tout ce qu’Aleyna sait de lui est qu’il avait habité Patmos auparavant, que ce son frère et son père habitent dans le coin et qu’il n’était pas forcément apprécié de tous. On ne pouvait pas dire que c’étaient des informations qui allaient compléter la biographie qu’elle pouvait avoir dans la tête. Mais ni l’un ni l’autre ne semblait s’en soucier. En tout cas, la jeune Hydra ne cherchait pas spécialement à en savoir plus sur Aenëas. Ils passaient déjà beaucoup de temps à se taquiner, l’un cherchant l’autre qui le repoussait gentiment. C’était devenu habituel, routinier. Et ils ne semblaient pas en déplorer, alors pourquoi changer la donne ? Si Aenëas ne voulait pas lui en dire plus sur lui, qu’à cela ne tienne. Elle ne lui forcerait pas la main – pas vraiment son genre. Elle n’aime pas être forcée à parler, alors ce n’était pas pour faire subir le même sort aux autres. Aleyna tourna son regard vers le jeune homme, qui rigolait à sa moquerie.

« Obligé que je ramène plus de canards que toi, même n‘étant pas entraîné… »
« Ah ouais ? T’as une façon remarquable de me sous-estimer, tu sais ? »

La jolie brune s’agita légèrement avant qu’il ne lui attrape les épaules. Elle laissa passer un rire, décidément dépassée par l’étroitesse d’esprit d’Aenëas de ce côté-là. Ley ne savait pas vraiment où ils se dirigeaient, elle comptait sur le jeune homme pour la conduire où il souhaitait. Voilà tellement longtemps qu’elle n’avait pas mis les pieds. Son regard sillonnait de droite à gauche d’un geste vague avant de le poser de nouveau sur Aenëas, qui semblait alors en pleine réflexion. Elle se mordilla brièvement la lèvre, laissant échapper un sourire amusé avant qu’il ne lui attrape le bras et la dirige vers l’attraction qui se trouvait à quelques pas d’eux. « Je suis certain que t‘es une trouillarde ! Tu ne pourras jamais rester plus de deux minutes dans le train fantôme… » Aleyna arqua un sourcil. Non mais, il la prenait en plus pour la première des mauviettes ! Elle le regarda de travers un moment avant de croiser les bras, l’air vexé qu’il puisse penser cela d’elle. Cependant, elle ne prit pas la peine de répliquer qu’il était déjà en train de causer avec le caissier pour les jetons. La jolie brune se tourna vers l’attraction et jeta un coup d’œil au début de la queue ; par bonheur, il n’y avait personne dans son champ de vision. De toute façon, à cette heure-ci, à part d’autres jeunes, il n’y aurait pas grand monde. La voie était donc plutôt libre. Ils s’engagèrent ensuite dans le labyrinthe de l’attente – pas trop long par bonheur – avant de poser leurs fessiers sur un des wagons qui défilait devant eux. Ley jeta un coup d’œil perplexe aux alentours alors qu’elle sentait sa main être emprisonnée et une présence un peu trop proche à ses côtés.

« Tu as peur ? »
« Tellement que j’espère que tu as prit note des sorties de secours car mon système cardiaque ne risque pas de suivre très longtemps. »

Posant sa main libre sur son cœur, l’air dramatique, elle extirpa doucement l’autre de l’emprise du jeune homme, stimulant l’envie de la passer dans ses cheveux, le regard glissant innocentement sur les côtés à la recherche d’une porte de secours alors que l’engin avait dépassé le début de l’attraction. C’était bien ce genre de petites attentions qui la mettaient royalement dans ses petits souliers. Et le pire, c’était qu’Aenëas le savait – enfin, à moins d’être réellement idiot, il ne pouvait pas l’ignorer – et il en jouait. Il jouait des maladresses et des situations que Ley jugeait d’inconfortables pour tenter d’avoir quelque chose d’elle. Mais c’était clairement non. Elle ne voulait pas. Pas maintenant, pas tout de suite. C’est vrai que le jeune homme n’avait pas, pour réputation, d’être un enfant de cœur. Mais ça, c’était bien le dernier détail dont elle se fichait royalement. La jolie brune jugeait seulement que la situation actuelle lui convenait très bien et qu’elle ne voulait pas tenter de le perdre stupidement, surtout au bout d’une simple année de connaissance. Alors, même si elle devait s’entêter à fuir ses regards, ses bras ou ses mains, tant pis, ce n’était pas si qui la ferra fuir de façon définitive. Cela faisait partit du personnage et Aleyna n’était pas du genre à être trop regardante de ce côté-là. Mise à part pour quelques rares exceptions. Mais il était clair qu’elle ne changerait jamais Aenëas, ou jamais volontairement, sinon. Quelques secondes d’inattention et la voilà qui se mettait à sursauter furieusement face à un truc qui venait de se mettre à pendre devant son nez. « Putin ! » Ley abaissa la main qui s’était mise devant sa bouche avant de regarder le jeune homme d’un air furibond. « J’te déteste, c’est officiel. » Aleyna croisa les bras tout en se renfrognant sur son siège, l’air faussement pincé. Non pas qu’elle était du genre trouillarde mais elle avait horreur de sursauter comme elle venait de le faire. Au moins, durant toute la fin de l’attraction, ses yeux étaient aux aguets au moindre mouvement. Une fois mais pas deux. Il ne faudrait pas abuser, non plus.

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