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antigone ● someone has to take a stand against evil

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MessageSujet: antigone ● someone has to take a stand against evil Lun 4 Mai - 1:33

Antigone Kinley
Why should it not be me?

Nom: Kinley. Un nom de famille que les partisans de Voldemort doivent détester et traquer jusqu'au dernier de leur sang. Ma famille a toujours été connue et reconnue pour avoir dit ouvertement tout le mal qu'elle pensait des idées du Seigneur des Ténèbres. Je suis fière de porter ce nom car, même si nous n'agissons pas à la hauteur de grandes familles de résistante, nous défendons des valeurs de plus en plus oubliées dans le monde actuel. (Quitte à se faire tuer, autant que ce soit pour la bonne cause.) Prénom(s): Antigone. (Comme le personnage rebelle de la littérature, exactement.) Mon père ne voyait pas l'intérêt de chercher d'autres prénoms. Nature du Sang: Sang mêlé. (& fière de l'être, la bougresse.) Date & Lieu de naissance: Née le 7 juillet 1964 à Edimbourg, je possède 25 années au compteur. (Un produit 100% Écossais. Malgré l'absence de chevelure rousse.) Statut Matrimonial: Célibataire et compte bien le rester pour le moment. (Parce que ton coeur est déjà pris et tailladé en mille morceaux.) Profession: J'offre mes services à un journal moldu de Londres pour des petites enquêtes. J'ai le journalisme dans les veines, il semblerait. C'est plus une activité qu'une profession mais cela permet au moins de m'occuper et de me loger. (T'es aussi membre de la section d'attaque de l'Ordre du Phénix depuis que t'y es entrée y a deux ans. Mais c'est juste un détail.) Ancienne Maison: Gryffondor. Patronus: Un chat au pelage sombre. Epouvantard: Un détraqueur, certainement. Ils ne représentent pas la mort mais bien pire à mon avis ; une vie pillée des souvenirs les plus heureux et condamnée à vivre dans les bas sentiments pour le restant de ses jours. Baguette Magique: Faite de bois d'Ebène (parait-il excellent pour quelqu'un de marginal et à fortes convictions) et contenant un cheveu de Farfadet (très bon pour les illusions, la métamorphose et les potions), elle mesure 30,5cm et se montre plutôt légère et maniable. Animal de Compagnie: Je suis l'heureuse propriétaire d'un petit chat exotic shorthair nommé Filant. Tout simplement parce qu'il est aussi rapide qu'une étoile filante. Particularité(s): Transmis à une génération de décalage dans la famille paternelle, je suis une métamorphomage. (Pratique pour les actions que tu mènes.) Qualités & Défauts: pugnace, sensible, téméraire, déterminée, fleur bleue, fougueuse, observatrice, calculatrice, suicidaire, irréfléchie, passionnée, concupiscente, rebelle, impulsive, manipulatrice, extrême, charmeuse, indépendante, discrète, tête brûlée, loyale, spontanée, têtue, protectrice, curieuse (...) Groupe: Insurgent. (Cela ne pouvait pas être autrement.)

Prénom / Pseudo: Émilie/Cristalline(/Letha :MG: ) Âge: What a Face Pays / Région: France :loove: Présence: quasi quotidienne? (encore plus avec mes examens passés à partir de la semaine prochaine!) Avatar: Merle Bergers (on applaudit ma première tentative avec une mannequin s'il vous plait merci) Personnage: inventé () scénario (x) Comment as-tu connu le forum ?: bazzart Crédits: (avatar) shiya Un dernier mot: SUSHIS :slip:


Dans un monde où les sangs purs dominent, quelle est votre place ? Je ris à gorge déployée d’un rire froid. La sottise, la bêtise, la stupidité même de cette idée de sang pur est tellement désopilante qu’elle en est vexante et énervante. Je ne suis pas une adepte de cette idéologie, comme vous pouvez le constater. J’en suis même à l’exact opposé. Je suis une sang mêlée, d’une famille qui a toujours utilisé sa notoriété publique pour défendre ses valeurs et ce qu’elle croit être juste. J’en suis fière et je souhaite perdurer la tradition. Je ne crois pas à cette théorie du sang pur ; personne ne peut l’être. C’est une vision tellement hilterienne qu’elle me dégoute autant qu’elle m’horripile.

Soutenez-vous Voldemort ? À moins que vous ne luttiez au côté de l'Ordre. D'autres préfèrent se tenir à l'écart des conflits... A qui va votre allégeance ? Ma mère est entrée dans l’Ordre un an avant la Grande Purge. Je l’ignorais, évidemment, car elle ne voulait pas mettre en danger la seule famille proche qui lui restait. Mais une fois que j’en ai entendu parler, je n’ai pas hésité deux fois avant de pointer mon nez dedans. Je faisais partie d’un petit groupe de rebelles juste avant, où on utilise les ondes des radios et autres gadgets inspirés des moldus afin de mener notre propre résistance. Maintenant, voilà deux ans que je suis dans l’Ordre, en tant que membre de la partie Attaque de l’organisation. J’aime le terrain et, même si cela reste dangereux, périlleux et qu’il faut se méfier de tous et tout le monde, je ne me vois pas rester les bras croisés au QG.

La Main Noire a appauvri une large partie de la population magique... En avez-vous fait les frais, vous-même? Fréquentez-vous le marché parallèle pour subsister malgré tout ? Mes sous, je les gagne côté moldu. Je travaille pour un journal local qui m’utilise pour des petites enquêtes sans grande importance. Cependant, j’aime aussi fourrer mon nez dans les histoires que les moldus n’arrivent pas à expliquer car pour nous, sorciers, cela peut se révéler utile. C’est aussi une façon pour moi de pouvoir guetter l’activité paranormale dans des rues complètement banales, aux quartiers typiquement anglais. Concernant Poudlard, j’aurai pu finir ma dernière année en la finançant (ma famille est assez riche après tout) mais j’étais contre l’idée de financer une noise pour une dictature, aussi pitoyable et répugnante soit-elle.

Si vous n'aviez qu'un rêve à concrétiser, quel serait ce rêve ? Le retour de mon père. Il a disparu quand j’avais 15 ans et cela m’a toujours grandement affecté. Je suis plutôt proche de mes parents, ils m’ont toujours éduqué avec la plus grande tendresse tout en étant ferme et juste. L’esprit de rébellion nous unit et quand mon père fut assassiné, en direct, lors d’une interview, je crois que mon cœur a eu quelques manquements de palpitations. Je souhaiterai aussi le rétablissement de ma mère. Elle fut énormément affectée par la perte de mon père, tellement qu’elle s’est jetée corps et âme dans l’Ordre ; elle en a perdu une jambe et la voilà maintenant à St Mangouste dans une grave dépression. Tout ceci me rouge de l’intérieur, autant de tristesse et de désespoir que de colère et de haine envers les personnes responsables de tous les maux de ma famille.


À la rentrée de 1981, la grande purge frappa. Les uns et les autres vaquaient à leurs occupations habituelles. Puis, tout le monde magique sombra dans le chaos. Où étiez-vous?

1 septembre 1981. Dernière année. Poudlard Express. J’avais le cœur gros, je ne voulais pas laisser ma mère toute seule. Mon père a été tué deux ans plus tôt et ma mère venait de perdre sa jambe. Je le voyais qu’elle allait mal, c’était écrit sur son visage. Et pourtant, telle la Kinley forte qu’elle était, elle ne démontrait rien. Mais moi, je suis sa fille et je sais quand quelque chose ne va pas. « Sois prudente, ma chérie, d’accord ? » Ces mots avaient été étranges à entendre. Pourquoi elle me disait cela ? Pourquoi me demandait-elle d’être prudente au lieu de me souhaiter bon courage pour mes ASPICs qui m’attendaient ? Je fronçai les sourcils. « Ça va, maman ? » Elle passa la main dans mes cheveux avant de me sourire faiblement, tout en tenant fermement sa béquille de l’autre. « J’ai juste un mauvais pressentiment. Mais tout va bien, honey, ne t’inquiètes pas. » Voilà qui m’inquiétait encore plus. Mais elle me prit dans son bras, me murmura qu’elle m’aimait et qu’on se reverra pour les vacances de Noël. Je ne voulais pas la laisser toute seule, le guérisseur ayant affirmé que ma mère souffrait d’un grave traumatisme psychologique et qu’elle devrait être suivie.

Mais ma mère, aussi têtue que n’importe quel membre de ma famille, avait balayé les conseils du guérisseur d’un revers de la main, comme si ce n’était pas important.

A bord du train, je l’observais par la fenêtre tout en agitant la main ; merde alors, elle avait réussi à me transmettre son pressentiment. J’avais un nœud à l’estomac sans vraiment savoir pourquoi. Certaines personnes dans le train avaient soudainement l’air de réagir bizarrement, différemment par rapport à d’habitude. Est-ce juste un effet de mon imagination, assaillie soudainement par une méfiance certaine ? Ou bien était-ce là de véritables comportements étranges, des messes basses entre élèves (principalement de Serpentard) et de petits rires moqueurs à l’encontre de ceux qui semblaient aussi candides qu’inoffensifs.

Et puis je compris que je ne rêvais pas quand le train se stoppa brusquement et qu’une explosion se fit. Des ombres noires entraient de tous les côtés et le sortilège vert fusait dans tous les sens. Je fus prise de panique et je tenta de me défendre, de défendre les autres, en sortant ma baguette et en bredouillant les premières incantations qui me venaient à l’esprit. Quand je vis les victimes, jeunes, innocentes et aux yeux encore grands ouverts, je fus envahie d’une rage certaine. Mais un bras me retenu par la taille pour me pousser vers l’arrière, loin de ces ombres cagoulées n’avaient pas le culot de montrer leurs visages. « Bande de lâches ! » Je tentais de me débattre. « Antigone, arrête ça, il faut mettre les autres à l’abri ! » Mon sang ne fit qu’un tour et je me retournai vers celui qui m’avait éloigné et qui ne savait que trop bien quoi me dire pour me calmer. « Les autres ? » Il me prit le bras et se mit à courir plus profondément dans le train. « Ils attaquent les nés moldus, Antigone ! Il faut qu’on les protège, qu’on évacue le reste ! » Je n’en demandai pas plus et le suivis rapidement. Nous ramassions le plus d’élèves possibles durant notre trajet et je me trouva rapidement à tenir un troisième année par la main et une petite première année dans les bras, qui pleurait sur mon épaule. Je ne réfléchissais pas vraiment à ce que je faisais ; l’instinct de protection qui coulait dans mes veines me poussait à réagir de la façon que je jugeais la plus juste. Nous marchions sur des corps, nous nous bousculions, tout le monde voulait sortir et je les comprenais. Moi-même, je n’avais qu’une hâte ; celle de sortir d’ici, de ce triste et funeste tableau qui sentait l’odeur de la mort elle-même. Mais d’abord, il fallait que je sauve ces enfants, que je les mette à l’abri le plus rapidement possible. C’était une façon pour moi de moins culpabiliser sur mon manque d’action quand je me suis rendue compte que quelque chose d’anormale se tramait.

Ce jour restera graver dans ma mémoire et dans ma peau à tout jamais. J’en suis ressortie avec une cicatrice sur mon épaule gauche, misérable souvenir d’un jour où tant d’innocentes âmes ont perdu la vie. Tout cela parce qu’elles n’étaient pas dites ‘pures’, parce qu’elles ne convenaient pas à la folie d’un seul homme. Depuis cet épisode, je me suis jurée de me battre chaque jour, chaque heure, chaque minute de ma vie contre cet homme et ses sbires qui ont détruit tant de familles pour le bien de leur unique extravagance et soif de pouvoir.

CE MESSAGE EST PARFAITEMENT APPROUVÉ PAR LE MINISTÈRE DE LA MAGIE.
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MessageSujet: Re: antigone ● someone has to take a stand against evil Lun 4 Mai - 1:33


« Par la barbe de Merlin, Antigone, qu’est-ce qu’il s’est passé ? » La jeune Kinley laissa rapidement son tee-shirt retombé sur sa peau blanche lacérée de griffures devenues rosées avec le temps. Son regard vert se posa sur Poppy, une des membres de l’Ordre, qui venait de débarquer dans la pièce sans s’être annoncée. « Bordel, Poppy, tu pourrais frapper avant d’entrer. » Mais la concernée n’écoutait pas et se dirigeait droit vers le dos d’Antigone. Cette dernière eut alors un mouvement de recul. « Non mais sérieux, c’est quoi, ce que je viens de voir ? Des griffures ? » Antigone eut un soupir exaspéré avant de se diriger vers la table où elle avait abandonné sa veste. « Disons que je suis tombée sur une bête qui aime laisser des marques, okay ? » Poppy eut un air affolé. « Pour l’amour du ciel, Antigone, tu devrais au moins aller voir un guérisseur. » La jeune Kinley la fusilla du regard tout mettant sa veste. « Hors de question. Je vais bien, tu n’as pas à t’inquiéter. »

Après tout, je n’allais pas lui confier que ces marques étaient un souvenir ancré dans ma chair comme la preuve ultime d’une passion aussi dévorante que mensongère. Qu’elles étaient enracinées dans mes veines, dans ma peau tout comme l’être qui me les avait faites l’était dans mon cœur. Un cœur que je m’étais promise de fermer, de ne jamais faire succomber aux sentiments car ils me ferraient dévier de mon chemin, de mon objectif. Et je n’avais pas eu tort. Je me suis perdue dans les tourments ce brasier qui enflammait mon être tout entier, en portant avec moi le poids de la culpabilité. Celle du mensonge, de cette double vie que je menais, de cette double identité avec laquelle je finissais par ne plus savoir où était la limite entre nous. Culpabilité de lui avoir menti à lui, de lui avoir caché ma véritable identité, de lui avoir fait croire que j’étais une autre. Culpabilité aussi vis-à-vis de mes convictions, de ma famille, de mes parents pour m’être embrasée pour un Greyback, pour un membre d’une ligne qui défend et travaille sous la houlette de Voldemort. Et enfin, culpabilité face à l'Ordre, qui m'avait fait assez confiance pour me demander de m'infiltrer dans une grande famille ennemie en guise de première grande mission. Je n’aurai jamais dû aller aussi loin, tout ceci n’aurait jamais dû arriver. Je ne voulais pas tomber amoureuse, cela n'avait pas fait partie du plan. Je ne voulais pas m’enticher, je voulais détruire. Je voulais réduire en cendres ces familles qui en ruinaient tant d’autres. Valko n’était supposé être qu’une passerelle, qu’une étape à passer pour finaliser une action, le coup de grâce. Je n’étais pas supposée tomber sous son charme, il n’était pas supposé être doux et attentionné. On m’avait mise en garde. On m'avait rappelé que c'est un Greyback. Qu'il était violent, sournois et sans pitié. On m’avait dit qu’il avait des tendances bestiales. Une fois, on m’a même certifié qu’il était cannibale. Je m'attendais donc à quelqu'un d'abject et vil, que je ne pourrai supporter. J'avais de l'appréhension mais aussi la fougue et la motivation de la première mission, de cette preuve de confiance que l'Ordre me fournissait.

Mais je n’avais rien vu de tout cela. Mais je n’avais rien vu de tout ce qu'on m'a raconté. Certes, notre première rencontre ne fut guère encourageante - il m'a tout de même traité de catin - mais il était hors de question d'abandonner un si bon gros poisson. Alors j’ai réitéré une nouvelle fois, avec une approche plus amicale que charmeuse. Et ce fut le bon coup. Je ne m’étais pas attendue à voir un être aussi fougueux et passionné que lui. Malgré moi, il a réussi à se frayer un chemin jusqu'à mon cœur pour ne plus jamais en ressortir. Trois mois après notre rencontre, nous avons donc dépassé cette ligne que je m'étais pourtant jurée de ne jamais franchir. Mais une fois ses lèvres posées sur les miennes, submergée d'un flot soudain de sentiments, toute pensée concrète s'est envolée - j'ai bien failli mettre fin à ma couverture ce jour-là. Valko ne ressemblait à aucun homme avec lequel j’ai pu avoir une relation auparavant. La première fois que je l'ai vu se transformer en loup, une sorte de fascination naquit dans mes pores. Il avait été si beau. Puis étaient venues les griffures dans le dos, quelques-unes sur les côtes ainsi que des crocs aux épaules et au cou. Emportés dans nos chaleurs corporelles, la douleur se transformait en plaisir. Quand bien même je prônais mon indépendance, j'aimais sentir Valko me nommer sienne. J'ignorais si ses sentiments étaient aussi forts que les miens mais je savais au moins qu'il m'estimait et m'appréciait. Même si je les cachais aux yeux de tous (en particulier aux membres de l'Ordre), je portais ses empreintes sur mon corps avec fierté.

Mais il y avait toujours cette petite voix intérieure qui me disait que ce n'était pas moi, Antigone Kinley, qu'il marquait mais Eulalie McQuinn. Même si j'avais abandonné le personnage depuis longtemps, ce n'était pas à Antigone à qui il plantait ses crocs, qu'il embrassait à bout de souffle, qu'il regardait avec douceur et affection. Il voyait une blonde alors que j'étais brune. Il voyait une usurpatrice, quelqu'un qui avait mon tempérament mais pas mon physique. J'ai plusieurs fois failli lui dire la vérité, lui montrer mon don, lui révéler qui j'étais réellement. Lui mentir devenait de plus en plus compliqué. Plus on passait de temps ensemble et plus je m'enfonçais dans une spirale infernale. Chaque scénario que je concoctais dans ma tête avait le même résultat : Valko me rejetant, Valko me repoussant, Valko me haïssant. Je n'étais pas loin de la vérité et je ne pouvais pas lui en vouloir malgré tout, même si cela me brisait toujours le cœur quand j'y repense.

Il me faisait rire en disant qu'il allait me manger toute crue.
Jusqu'au jour où il l'a réellement pensé.

Ce jour-là, j'ai pleinement eu conscience de la hauteur de la trahison que je lui faisais subir. Son regard était plus sombre que n'importe quel jour nuageux de Londres. Je sentais que l'atmosphère s'était alourdie. Et j'ai pleuré, je lui ai demandé de me pardonner, qu'il puisse me comprendre ; quelle idiote je fus. Je ne me le pardonnais pas à moi-même, comment pouvait-il le faire? Il ne m'avait pas laissé le temps de lui montrer mon véritable visage ni même d'évoquer mon prénom. J'étais une étrangère à ses yeux alors qu'il s'était ouvert à moi. Il m'avait fait confiance et j'avais stupidement trahi cette confiance. Pour la bonne cause, me répétai-je en boucle.

Ce fut la première fois qu'il me fit véritablement peur.
Et la dernière fois que je le vis.

« Tu m'inquiètes réellement, parfois, tu sais. » Antigone roula ses yeux avant de secouer la tête. Elle comprenait l'appréhension de Poppy. Au vu de leur situation, et de leur train de vie, doublée par l'incroyable chance d'Antigone de se jeter dans la gueule du loup pour se retrouver dans des situations rocambolesques, il n'était pas surprenant que son amie se faisait du soucis. « Tu n'as pas à l'être. Vraiment. Ce sont les risques du métier comme on dit. » Poppy eut un fin soupir avant de s'installer sur une chaise. « Et sinon, t'as eu des nouvelles de ta mère? » Antigone passa sa main au front, tentant de masser la ride de son front qui menaçait de se former sous l'inquiétude. « Elle se porte, dit-elle sans conviction, tout en haussant les épaules. »

La vérité, c'est que ma mère s'enfonçait toujours un peu plus dans sa dépression, la rendant complètement plus absente à chaque visite que je lui rendais. Elle avait perdu toute cette splendeur, toute cette fougue qui l'avait tant caractérisée. Elle qui avait été une personnalité si flamboyante en Écosse, que ce soit dans le monde moldu ou sorcier, n'importe qui aurait été surpris par une telle déchéance.

A l'époque, je n'avais pas vraiment eu le temps de savoir comment cette flamme avait été consumée pour finalement disparaître. Ma mère n'a jamais eu l'occasion de m'expliquer ; une fois sa jambe perdue, elle avait plongé un peu plus chaque jour dans une dépression qui l'a rendu silencieuse, jusqu'à ce qu'on la diagnostique comme étant atteinte de mutisme, le premier symptôme d'une longue descente dans les abîmes de l'enfer. « Un stress post-traumatique, m'avait expliqué le guérisseur. » Traumatique à quoi?

Ce ne fut que quand je suis rentrée dans l'Ordre il y a deux ans que j'ai enfin eu le fin mot de l'histoire. Et cela m'a donné une raison de plus pour me battre. Ma mère a perdu toute son humanité à petit feu en guise de punition pour avoir défendue une cause qu'elle jugeait juste - et qu'il l'est.

Ma mère et mon père avaient été des personnalités aussi admirées que controversées, en particulier en Écosse. Ils avaient été réputé pour leur franc parler, pour ne pas cacher leur opposition face aux idées du Seigneur des Ténèbres. Mon père mourra pour avoir trop parlé, pour avoir essayé de participer à la survie de la liberté et de l'égalité. En pleine interview, foudroyé par un éclair vert, deux ans avant la Purge. Sous les yeux d'un public, de l'audience nationale, de ma mère et surtout, les miens. Ce fut ma première confrontation avec la réalité, cette réalité que je n'avais jamais vu jusqu'à présent. Étrangement, je ne m'étais jamais rendue compte du risque que encourait mon père à s'exprimer ainsi, que ce soit par des discours que par des livres. Pour moi, c'était naturel. La liberté d'expression, quelque chose de sacré dans ma famille, avait encore un sens dans mon esprit, que c'était une protection que nul ne pouvait détruire ; je fus bien naïve. J'ai grandi en une soirée, choquée, attristée et bouillonnante de rage.

Mes parents et moi avons toujours été proches. Malgré leurs métiers prenants et publics, ils avaient toujours mis un point d'honneur à m'offrir tout ce dont une enfant avait besoin, et bien plus encore. Quand ma mère perdue sa jambe un an après l'assassinat de mon père, je crus que le destin se jouait de nous. Comme si un mauvais sort avait été jeté sur ma famille alors que mes géniteurs s'étaient toujours battus pour des valeurs fortes et importantes. J'avais 16 ans, ma mère devenait gravement malade psychologiquement (quitter le monde des studios par rejet fut très dur pour elle) et je fus témoin d'un des plus grands génocides que le monde sorcier n'a certainement jamais connu auparavant.

J'avais 16 ans et j'étais déjà remplie de cette fougue de la jeunesse, de l'impertinence de l'adolescence. Impertinence que je n'ai jamais vraiment quitté. Tous les événements dramatiques qui se passaient autour de moi me touchaient au plus profond de mon être et rajoutaient encore plus de feu sur des flammes déjà toxiques. On disait que j'étais parfois trop sensible, trop fleur de peau. Je jugeais que ce n'était pas un mal ni une faiblesse de montrer du cœur, encore plus quand les temps étaient sombres. Mes parents avaient toujours été un exemple pour moi et ils avaient toujours fait preuve de détermination et de provocation mais aussi de bonté et de compréhension. Ils se voulaient les défenseurs des petits gens, ceux qui vivaient dans la peur de l'oppression, ceux qui n'osaient pas parler par frayeur ou encore ceux qui n'avaient tout simplement pas ni la popularité ni le charisme de mes parents.

Ma première opposition face au régime qui a renversé le gouvernement fut naturellement le refus d'aller à Poudlard pour ma dernière année. Avec la fortune familiale, j'aurai pu me le permettre mais je voyais cela comme une traînée trahison vis-à-vis de ma famille. Aucun gallion, mornille ou noise Kinley ne tombera dans les mains de la Main Noire.

Puis, je créa un petit groupe de résistants, les WW, en hommage à William Wallace, un célèbre résistant écossais important dans notre histoire. Nous étions jeunes, dévoués à notre cause, motivés de mettre des bâtons dans les roues des troupes du Seigneur des Ténèbres, tel la résistance française durant l'occupation allemande. D'ailleurs, ce fut d'eux que je m'inspira pour intercepter les échanges des mangemorts, notamment par la voie de la radio. Même si notre détermination n'était pas à remettre en cause, les résultats espérés n'étaient jamais vraiment arrivés.

Ce fut donc sans réelle surprise que je pris donc un ticket pour Londres quand j'appris l'existence - ou plutôt la renaissance - de l'Ordre du Phénix. Ma mère était au plus bas et son état à la fois dépressif et son anorexie chronique ne me donnait guère le choix que de la mettre aux bons soins des guérisseurs et médicomages. Même si cela me brisait le cœur, moi qui avait tant pris soin d'elle depuis neuf ans, je fus tout de même rassurée de la savoir entre de bonnes mains.

Voila donc deux ans que je suis dans l'Ordre et que je mets notamment mon don à leur service. Je manipule, je mens, je joue, j'invente. J'ai appris énormément et je suis fière d'honorer l'esprit de mes parents de cette façon.



« Ce n'est pas que tu m'ennuies, Poppy, mais- » Cette dernière émit un léger rire moqueur (bien sûr qu'elle t'ennuyait et elle le savait pertinemment). « Mais il faut que j'y aille, continua Antigone sans accorder de l'importance à ce geste. » Poppy se leva donc de son siège et stoppa Antigone, qui se dirigea vers la sortie. « Fais quand même attention à toi, d'accord? » La jeune Kinley se permit alors de laisser un fin sourire, sincère, naître sur ses lèvres. « Promis. » Elle eut une pause avant qu'un air taquin se plaqua sur son visage. « Enfin, dans la mesure du possible. » Poppy la frappa dans l'épaule et Antigone eut un léger rire avant de sortir de la pièce.
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